Capacité d'emprunt : comment la calculer et l'améliorer

Avant de chercher un bien immobilier, la première question à se poser est : combien puis-je emprunter ? La capacité d'emprunt détermine votre enveloppe de financement et conditionne toute votre stratégie d'achat. Voici comment la calculer avec précision et comment l'optimiser.

La formule de base : le taux d'effort de 35 %

Depuis les recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) rendues contraignantes en 2022, les banques françaises ne peuvent plus accorder de crédit dont les mensualités dépassent 35 % des revenus nets de l'emprunteur (assurance emprunteur incluse). Ce taux d'effort plafond s'applique à l'ensemble des charges de crédit, pas uniquement au nouveau prêt.

La formule se décompose en deux étapes :

  1. Mensualité maximum = revenus nets mensuels × 35 % − charges de crédit actuelles
  2. Capital empruntable = mensualité max actualisée sur la durée choisie, au taux proposé
Exemple concret — 4 000 € nets, sans dette en cours
Mensualité max = 4 000 × 35 % = 1 400 €/mois
À 3,80 % sur 20 ans (240 mois) :
Capital = 1 400 × [(1 − (1 + 0,003167)^(-240)) / 0,003167]
≈ 232 000 € empruntables

Avec un apport de 25 000 €, budget total : ~257 000 € (hors frais de notaire)

Revenus pris en compte par les banques

Les banques ne retiennent pas tous les revenus de la même façon. Les revenus stables et certains sont pleinement intégrés :

  • Salaire net avant impôt (hors primes exceptionnelles)
  • Traitements des fonctionnaires
  • Revenus locatifs déclarés (généralement retenus à 70 % pour tenir compte des vacances et charges)
  • Pensions alimentaires reçues (si ordonnance judiciaire)

Les revenus variables ou incertains sont partiellement retenus ou exclus :

  • Primes et bonus : pris en compte si versés depuis au moins 3 ans et justifiés par contrat
  • Revenus d'indépendants et dirigeants : moyenne des 2 ou 3 derniers bilans
  • Commissions commerciales : moyenne sur 2 ans minimum
  • Allocations (CAF, APL) : généralement exclues

Charges qui réduisent la capacité d'emprunt

Toutes les mensualités de crédit en cours sont déduites de l'enveloppe disponible avant calcul du nouveau prêt :

  • Crédit à la consommation, crédit auto, prêt étudiant
  • Crédit revolving, même s'il n'est pas utilisé (la banque retient une mensualité fictive)
  • Loyer actuel si vous êtes locataire (n'est pas une charge de crédit mais est analysé dans le "reste à vivre")
  • Pension alimentaire versée

Un crédit à la consommation de 300 €/mois réduit votre capacité d'emprunt d'environ 60 000 € sur 20 ans à 3,80 %. Rembourser ce crédit avant de déposer votre dossier est souvent la décision la plus rentable.

Facteurs qui améliorent la capacité d'emprunt

Allonger la durée

Passer de 20 à 25 ans augmente la capacité d'emprunt d'environ 15 %, car la mensualité est répartie sur plus longtemps. En contrepartie, le coût total des intérêts augmente. Le HCSF autorise 25 ans maximum (27 ans pour les achats en VEFA).

Ajouter un co-emprunteur

L'ajout d'un co-emprunteur cumule les revenus et répartit les charges. Un foyer à deux revenus de 3 500 € chacun dispose d'une mensualité max de 2 450 €, soit une capacité proche de 400 000 € à 3,80 % sur 20 ans.

Solder les crédits en cours

Rembourser un ou plusieurs crédits à la consommation avant la demande peut significativement libérer de la capacité. Utilisez votre épargne disponible à cet effet si le gain de capacité d'emprunt est supérieur aux intérêts restants à payer.

Différence entre l'évaluation d'une banque et celle d'un courtier

Chaque établissement dispose d'une grille interne propre. Certaines banques retiennent 70 % des revenus locatifs, d'autres 75 % ou même 100 % pour les investisseurs expérimentés. Les courtiers en crédit connaissent ces différences et orientent votre dossier vers les établissements dont les critères sont les plus favorables à votre profil. En 2025, l'écart de capacité reconnue entre la banque la plus restrictive et la plus souple peut dépasser 20 % sur un même dossier.

Ce que les banques analysent au-delà du calcul

La capacité d'emprunt théorique est un plancher, pas un plafond automatique. Les banques analysent aussi le reste à vivre (revenus − mensualité), la gestion des comptes (découverts, épargne régulière) et la stabilité professionnelle (ancienneté, type de contrat). Un profil rassurant sur ces dimensions peut obtenir une capacité légèrement supérieure à ce que le calcul brut laisse supposer.

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Questions fréquentes

Comment maximiser sa capacité d'emprunt ?

Les leviers les plus efficaces sont : allonger la durée du prêt (25 ans au lieu de 20 augmente la capacité de ~15 %), ajouter un co-emprunteur, rembourser les crédits à la consommation en cours avant de déposer le dossier, et apporter des preuves de revenus complémentaires stables (primes récurrentes, revenus locatifs). Évitez aussi les découverts bancaires les 3 mois précédant la demande.

Un découvert bancaire nuit-il à la capacité d'emprunt ?

Oui, les découverts bancaires répétés sur les 3 derniers relevés de compte sont interprétés par les banques comme un signe de mauvaise gestion budgétaire. Ils peuvent conduire à un refus ou à des conditions moins favorables. Il est conseillé d'assainir ses comptes au moins 3 mois avant de déposer un dossier de crédit.

Existe-t-il une formule simple pour calculer sa capacité d'emprunt ?

Oui : mensualité max = revenus nets × 35 % − charges mensuelles actuelles. Puis, pour obtenir le capital empruntable, utilisez la formule : capital = mensualité max × [(1 − (1 + taux mensuel)^(-n)) / taux mensuel], avec n = nombre de mois et taux mensuel = taux annuel / 12. Notre simulateur effectue ce calcul automatiquement.